Dans le cadre du festival des bibliothèques de la CARENE, ” Histoires d’amour”, la médiathèque de Trignac avait organisé vendredi soir une soirée conçue et animée par les comédiens et chanteurs des Ateliers du Vent. Je me faisais une grande joie de participer à cette soirée, d’abord parce que j’aime la poésie et ensuite parce que chaque année, j’ assiste dans ce cadre et ce lieu à des moments très intéressants, souvent émouvants et pleins de trouvailles pour le “Printemps des poètes”… Là, je dois dire, manque de pot !… De poésie pas beaucoup !…
Le parti pris des acteurs des Ateliers du Vent m’ a complètement désorienté pour ne pas dire fortement déplu, je suis sorti frustré et déçu principalement par le contenu . En effet , le thème laissait une grande liberté : parler de l’amour, des femmes et pourquoi pas des hommes, me semblait offrir beaucoup de possibilités. Notre littérature, ainsi que la littérature étrangère offrent beaucoup de textes poétiques, de Ronsard à Louise Labbé , de Baudelaire à Aragon les poèmes d’amour ne manquent pas, tous plus beaux les uns que les autres (il ne s’agit pas d’amour à l’eau de rose évidemment).
Les comédiens des Ateliers du Vent avaient choisi pour ce thème, le second degré presque constamment, des auteurs connus d’eux seuls (enfin pour la plupart), une tonalité toujours dans la dérision et le sarcasme, donnant ainsi une image de la femme, des rapports homme/femme et plus généralement des relations amoureuses, pas très reluisante. J’aurais souhaité quelque chose d’un peu plus équilibré ; nous savons bien que les histoires d’amour sont souvent compliquées et qu’il y a dans ce domaine aussi du blanc et du noir, du positif et du négatif, mais de là à n’entendre que du négatif !… D’autre part il y avait plus de lectures d’extraits de romans que de poèmes et même si l’écriture romanesque peut être poétique, ce n’est tout de même pas tout à fait pareil, la musique des mots a manqué…
C’est bien de vouloir faire des choses qui sortent de l’ordinaire, mesdames et messieurs des Ateliers du Vent, encore faut il tenir la distance et avoir réellement quelque chose à dire d’autre que ce jeu sur les aphorismes qui arrivait là comme un cheveu sur la soupe, n’ayant vraiment aucun rapport avec le thème, même si cela a été un moment plutôt amusant. Si vous avez comme moi observé le public, sans doute que les mimiques de mécontentement ne vous ont pas échappé…
Chapeau tout de même à l’équipe de la Médiathèque de Trignac pour le travail formidable qu’elle accomplit.



2 Commentaires
Mon cher Nazaire,
je comprends ton point de vue, tout en étant moins sévère, car il y avait quand même des poemes de Louise labbé par exemple, et quand elle dit “baise-m’encore”, il faut entendre “embrasse-moi”, comme tu le sais fort bien.
Donc quelques classiques y étaient bien, ainsi que des chansons, et quelques drôleries, c’est vrai.
Ce que j’ai regretté quand ce fut mon tour de lire un texte est de n’avoir pas laissé tomber l’aphorisme de georges Perros pour parler de la jeune marocaine de 18 ans, scolarisée et expulsée, et de sa soeur jumelle contrainte de se cacher pour échapper à la police.
J’ai raté l’occasion de parler de cette traque honteuse organisée au nom de l’Etat.
Bonjour
J’aime beaucoup ta vision de cette soirée, merci de nous l’avoir partager !
Joël