La trahison

cornichons au chocolat


Un jour, je devais avoir onze ou douze ans, j’ai ramené ce livre de la bibliothèque de la maison de quartier où je me ravitaillais. 18 ans plus tard je me souviens avec précision de ce livre (quand j’en ai oublié des centaines), il fait partie de ceux qui m’ont “parlé” à un moment. Ce n’était pas de la grande littérature, mais cette fille de 14 ans, ses parents qui ne s’aimaient pas, son chat Garfunkel et ses interrogations sur sa féminité, c’était une amie, elle m’avait confié son mal être et je l’avais entendue.


Et l’autre jour, à la télé, je vois ça :


cornichons au chocolat




Ce soir, dans la “bande à Bono” (sur France Inter), Philippe Labro “avoue” et explique avec naturel l’histoire de ce mensonge… Je ne sais pas pourquoi ça me rend si triste, pourquoi je me sens si déçue, comme “trahie”.


Comme si pendant que, pré-ado ou juste ado, à l’âge où on est si vulnérable, si sensible aux moqueries, surtout à celles qui viennent des adultes, je lisais ce roman en pensant à Stéphanie, M. Labro me regardait sans que je le sache, avec un petit sourire narquois aux lèvres.


J’ai eu les larmes aux yeux à un moment, bien que l’auteur ait dit qu’il “demandait pardon” à ses lectrices de ce mensonge.


Pourtant j’aime bien Philippe Labro, (enfin en tant que romancier), “Quinze ans” et “l’Étudiant étranger” font aussi partie des romans que j’ai lu dans mon adolescence (mais un peu plus tard) et dont j’ai gardé un souvenir précis.


J’ai été un peu réconfortée par la lecture à l’antenne de mails de femmes de mon âge (ou de l’âge de Stéphanie) qui disaient elles aussi leur déception, leur tristesse suite à cette révélation…


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Un Commentaire

  1. bib dit :

    moi aussi, j’avais été frustré quand j’avais appris il y a quelques temps (2 - 3 ans je dirais). Pourquoi Philippe Labro a-t-il fait cela ?
    que penser de sa déontologie ? On me dira qu’il aurait pu taire ce secret à jamais. Toujours est-il que relisant cette information, j’ai toujours le sentiments d’avoir été floué. On pourrait faire un parallèle avec l’histoire de la petite fille ayant vécu parmi les loups durant la seconde guerre mondiale. C’est comme si on nous volait notre amour d’une oeuvre d’art, ou de nos sentiments envers un inconnu.

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