Les concours externes du CNRS, un bon exemple de cooptation à la française

Je me dis depuis mercredi, après l’élection d’Obama que nous vivons en France dans une société bloquée. Ce sentiment a été confirmé par la vision des “primaires” du PS. Où l’on voit toujours les mêmes vieilles têtes l’emporter. Ce qui donne ce sentiment c’est l’observation qu’on peut faire du vérouillage du système de places. De manière schématique: il y a quelques bonnes places, que ceux, déjà en place s’assurent de distribuer aux leurs. Prenons un exemple. Les concours externes du CNRS, je vous en parle parce qu’un ami vient de me rapporter ce récit.



Un concours externe, comme son nom l’indique c’est fait pour faire rentrer des gens de l’extérieur. Ce qui, si c’était le cas, conforterait le sentiment général d’ouverture. Le concours externe a une dimension démocratique, il permet à quiconque s’y inscrit de pouvoir prétendre à une place pour peu qu’il fasse la démonstration de ses compétences pour l’occuper.



Ceux qui s’inscrivent, croient naïvement en cette possibilité qui leur est offerte. Ils s’investissent dans une préparation éprouvante et dans des frais de déplacement pour se rendre au concours. Et lorsqu’ils vérifient la liste des admis. Grâce à la pertinence du moteur de recherche Google, qu’elle n’est pas leur surprise de constater que les candidats retenus sont ceux qui appartiennent déjà au corps concerné. Dubitatifs, ils interrogent alors le même moteur de recherche pour savoir si il est légal de se présenter à un concours externe alors qu’on appartient au corps administratif concerné. Et là, surprise! sur un site syndical, ils apprennent qu’un projet de loi visant à faire cesser ces pratiques a été renvoyé pour vice de forme. Soudain ramenés à la réalité ils réalisent que si une telle affaire devait être jugée sur le fond, et faire jurisprudence, c’est tous les corps administratifs qui ne pourraient plus user de ce privilège immense: donner les bonnes places aux copains. La cooptation est une des clefs qui permet de comprendre en quoi la société française comparée à la société américaine est une société bloquée qui impose les mêmes clans, les mêmes têtes et les mêmes règles pendant des décennies.



Un agent fonctionnaire ITRF peut-il se présenter à un concours externe ouvert pour le corps auquel il appartient déjà ? Syndicat du personnel technique de l’enseignement supérieur


Concours externes du CNRS: renseignez vous avant de postuler

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46 Commentaires

  1. maelo dit :

    faute de frappe dans le titre ;)

  2. philmouss dit :

    je lui ai mis une correction à cette petite frappe qui avait fauté. merci maelo

  3. Lati dit :

    Bonjour,

    X et Y avons postulé pour des concours du CNRS. X et Y sont admissibles chacun dans leur spécialisation.
    En cherchant à avoir des détails sur la vie professionnelle de ses «concurrents » par le biais de Magic Google, Y est bien surpris : l’un des candidats admissible comme lui, travaille déjà au CNRS (alors que les concours sont expressément externes !!) et pire, ce candidat travaille au sein même du service dans lequel se situe le poste pour lequel le concours a été ouvert !
    D’où question : une personne faisant déjà partie du cnrs peut elle se présenter aux concours externes de cette institution ?

    Mis au courant, X enquête également sur les candidats admissibles de son concours et là double surprise : non seulement un des noms figure bien dans l’annuaire du cnrs, dans le service même où se situe le poste ouvert au concours, mais pire, ce candidat occupe déjà le poste !!!!!!!!! Donc cette personne concourt pour une fonction qu’elle occupe déjà ! Fonction dûment attesté par l’annuaire interne du cnrs auquel tout le monde a accès !
    D’où la question : Pourquoi ?
    Pourquoi ouvrir un concours si ce poste est déjà pourvu ? Pourquoi faire postuler des gens qui perdent du temps à remplir des dossiers, qui perdent de l’énergie à préparer ce concours, qui perdent de l’argent à venir jusqu’au lieu des auditions, sans compter les jours de congés posés ?
    Et tout cela, pour être jugés non admissibles à la fin de l’audition car le jury a choisi le candidat déjà en place (dans 95% des cas !) !

    De qui se moque t-on ?

    Nous pensions que le CNRS serait une institution respectueuse car respectée mais là, nous sommes profondément dégoûtés.

    • Kevin dit :

      Ce que tu dis est partiellement faux.

      Quote : “ce candidat occupe déjà le poste !!!!!!!!! Donc cette personne concourt pour une fonction qu’elle occupe déjà ! Fonction dûment attesté par l’annuaire interne du cnrs auquel tout le monde a accès !
      D’où la question : Pourquoi ?
      Pourquoi ouvrir un concours si ce poste est déjà pourvu ?”.

      Le candidat local n’occupe pas le poste, il travaille dans l’équipe en tant que contractuel (CDD). Forcément, en se présentant au concours (pour pérenniser son poste), il a de très fortes chances d’être pris, puisque connaissant déjà ses collègues, les techniques utilisées, etc, etc.

      La titularisation par concours externe et la favorisation des candidats locaux sont des phénomènes difficiles à comprendre et pourtant tellement humains. Il faut se mettre dans la peau du local, qui a fait ses preuves pendant 1 à 3 (ou plus) années dans un labo sur un poste précaire. Il a développé et tissé des liens avec des gens du labo, et forcément lorsqu’un poste se libère, ce candidat a toutes les chances (tant techniquement qu’humainement).

  4. Lati dit :

    Pour savoir jusqu’à quel point les concours de cette institution sont gangrenés, nous avons décidé de passer en revue tous les concours externes proposés au CNRS actuellement et pour lesquels une liste d’admissibles a été affichée. Les auditions commencent à partir de la semaine prochaine, mais dès aujourd’hui 1er octobre, nous vous livrons une partie de la liste des concours pour lesquels les candidats admissibles n’auront même pas à se déplacer, vu qu’un candidat « local » a déjà été choisi, preuve à l’appui. Nous ne mettrons pas de nom mais il suffit de comparer les noms des candidats admissibles au concours avec l’annuaire du personnel du CNRS sur le site : http://annuaire.cnrs-dir.fr/
    Ou http://web-ast.dsi.cnrs.fr/l3c/owa/personnel.frame_recherche?annu=ok
    (quelquefois, il faut renseigner nom et prénom sinon cela ne marche pas)
    Ou les annuaires des laboratoires mixtes cités.

    Nous complèterons cette liste au fur et à mesure de la découverte des concours bidonnés !
    Attention : nous prenons en considér ation le fait que certains candidats admissibles peuvent avoir publié des articles ou des ouvrages en collaboration avec le CNRS, ou avoir collaboré avec le CNRS sur certains projets. Leur présence sur la liste des admissibles n’est en aucun cas considérée comme un truquage ou une irrégularité, car ils ne font pas partie du personnel propre au CNRS et peuvent donc parfaitement se présenter aux concours externes.

    Concours externe N° 1 IR BAP J – Responsable d’administration et de pilotage - Affectation DSI -Meudon
    Présence d’un qui travaille déjà à la Direction des systèmes d’information (DSI) - CNRS, à Toulouse - Labège.

    Concours externe n°2 – Ne semble pas être truqué

    Concours externe n°3 :
    - un des candidats travaille déjà au CNRS (au sein du Laboratoire de photonique et de nanostructures).
    - nous avons repéré un candidat travaillant pour un laboratoire mixte – université/CNRS, le LAUM (voir l’annuaire du Laum sur internet).
    - Un autre candidat travaillant dans un labo mixte CNRS/IPCMS de Strasbourg.
    Ont-il le droit de figurer sur un concours externe ?

    Concours n° 4 - Ne semble pas truqué

    Concours n°5 – Ne semble pas truqué

    Concours n°6 – Présence d’un candidat local direct donc qui travaille déjà (en CDD) au sein même de l’unité THEMIS, à Ténériffe, là où le poste du concours est affecté !!!

    Concours n°7 – Présence d’un candidat local direct donc qui travaille déjà (en CDD) au sein même du Centre de calcul de Villeurbanne, là où le poste du concours est affecté !!!

    Concours n°8 – Présence d’un candidat qui travaille (en CDD) pour le CNRS au sein du Centre de physique moléculaire optique et hertzienne (CPMOH).
    Présence d’un autre candidat travaillant à la Direction des affaires européennes du CNRs, à Bruxelles.
    Présence d’un troisième candidat travaillant pour le CNRS au sein de l’IPAM !

    Concours n°10 –
    Présence d’un candidat local direct qui travaille donc déjà en CDD au sein de l’IGBMC, là où le poste du concours est affecté !
    Présence d’un candidat travaillant au CNRS au sein de l’Institut de recherche interdisciplinaire (IRI).

    Concours 11 –
    Présence d’un candidat travaillant pour le CNRS au sein du Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire (CREAAH).
    Présence d’un candidat travaillant pour le CNRS au sein du Centre de mathématiques et de leurs applications (CMLA)

    Sur les dix concours IR scrutés, seuls trois semblent non truqués. Sur les autres, apparaissent des candidats faisant déjà partie du personnel (en CDD ou autre) du CNRS !

    La suite demain…

    • Kevin dit :

      Il ne s’agit pas de “trucages” comme tu le dis…

      Ce ne sont pas les labos eux-mêmes qui décident de l’ouverture d’un concours externe (sinon tous les labos ouvriraient autant de concours qu’il y a de CDD dans le labo, crois-moi…). Pour les concours internes, c’est différent. Ils peuvent soit permettre la titularisation d’un CDD, soit l’évolution d’un titulaire déjà en place (AI –> IE par exemple).

      Imagine-toi en CDD d’IE depuis 3 ans par exemple. Tu as (au minimum) 26 ans. Tu as un petit ami, vous projetez d’avoir un enfant et d’acheter une maison. Tu bosses depuis 3 ans dans un labo avec du personnel que tu connais bien, que tu apprécies, qui t’apprécie et tu es reconnue pour ce que tu as apporté au labo. Un concours externe IE s’ouvre, tu te présentes, tu es admissible mais… pas sélectionnée parce qu’un autre candidat ayant publié dans Nature ou Science, ayant un background d’un niveau au-dessus du tiens a été retenu (ce qui peut paraître assez logique). Que fais-tu ? Tu recherches un autre CDD d’IE à 500 km de là où vit ton petit ami ?

      La dimension humaine est évidemment importante et dépasse parfois la recherche de la qualité. Quoique pour un poste d’IE, je trouve que la titularisation d’un contractuel déjà en place se justifie… (pas besoin de le former, pas d’adaptation, maîtrise de son environnement, des machines, des techniques…)

      • linn1 dit :

        Dans ce cas-là, pourquoi organiser des concours externes si le labo sait à l’avance qu’il fera tout pour que ce soit son candidat préféré qui l’obtienne ? Cette pratique remet tout de même en cause l’égalité des chances entre les candidats. Il faudrait une loi qui permette de titulariser le contractuel déjà en place après trois ans de travail sans concours par exemple. Facile de dire “oui mais les labos ne décident pas d’eux-mêmes du nombre de postes à mettre au concours”.

        Tu nous demandes de nous mettre à la place du local. Oui mais moi je te demande de te mettre à la place du vrai candidat externe. Car un concours ça se prépare, et ce pendant plusieurs mois et ça ne se passe pas toujours à côté de chez toi. Tu es en recherche d’emploi, tu dépenses de l’argent pour préparer tes concours, payer tes éventuels déplacements. Tu es admissible mais tu es recalé à l’oral parce que tu n’auras pas eu la chance de travailler déjà sur le poste convoité en tant que CDD ? Tu ne trouves pas que c’est une perte de temps, d’énergie et surtout d’argent pour lui aussi ? C’est d’ailleurs également une perte de temps pour le jury qui sait à l’avance qui doit obtenir le poste mais doit quand même convoquer les autres candidats pour garder malgré tout un semblant de concours.

        • Kevin dit :

          Me mettre à la place du vrai candidat externe ? Et tous les autres alors ? C’est quoi UN VRAI candidat externe ?

          Tu parles d’égalité des chances ? Mais ça n’existe pas ça… Et ça n’a jamais existé. C’est comme l’alinéa 5 du Préambule de la Constitution de 1946 repris intégralement dans la Constitution de 1958 qui affirme que chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi…

          Pour ce qui est de la perte d’argent, je suis d’accord malheureusement… Quoique pour certains cas seulement. Si un candidat exceptionnel se présente, il sera pris, c’est certains (cf le commentaire d’Olivia en bas de la page).

          • linn1 dit :

            Pour moi un VRAI candidat externe, c’est quelqu’un qui ne travaille pas déjà dans l’établissement ou dans une de ses “filiales” au moment de l’ouverture du concours. Reconnais quand même que ce système public qui prône l’égalité des chances est assez hypocrite.

  5. [...] reprends le fil d’un article écrit sur sainnazaire.net l’année dernière qui concerne « l’affaire » des concours [...]

  6. latis dit :

    Voici la suite des concours du CNRS que nous avons “vérifiés”.

    Concours externe N° 95 IR BAP J : – Présence d’un candidat local direct qui travaille dans la délégation Provence et Corse du CNRS, au sein même donc du service pour lequel le concours est ouvert !!!!

    Présence également d’un candidat qui travaille déjà au CNRS (en CDD), au sein du Centre de physique moléculaire optique et hertzienne (CPMOH) de Talence.

    Concours externe N° 179 IE BAP J : Cette liste comportant trop de candidats, nous ne l’avons pas vérifiée.

    Concours externe N° 180 IE BAP J : Cette liste comportant trop de candidats, nous ne l’avons pas vérifiée.

    Concours externe N° 181 IE BAP J : Présence d’un candidat local direct qui travaille déjà (en CDD) au Laboratoire Leprince-Ringuet, PALAISEAU, au sein même du labo pour lequel le concours est ouvert !!!
    Présence d’un candidat travaillant déjà pour le CNRS, au sein de la Direction des affaires européennes, à Bruxelles.
    Présence d’un candidat qui travaille déjà au CNRS, au Plante - microbe - environnement : biochimie, biologie cellulaire et écologie.
    Présence d’un candidat qui travaillé déjà (ITA ) pour le CNRS au sein du Laboratoire de cristallographie et RMN biologiques.
    Présence d’un candidat qui travaille déjà (en CDD),pour le CNRS au sein du Centre de recherche en épistémologie appliquée (CREA)

    Merci à Angers blog d’avoir relayer cette info !

    • lorelei dit :

      bonjour

      je viens de passer le concours pour un poste de technicien au sein du CNRS, BAP A N°285 et effectivement j’ai vérifié et les 2 premiers de la liste sont déjà en poste.
      il devrait se mettre à la page et arréter tous ces concours qui ne servent à rien et coutent de l’argent à tt le monde.

      de plus je viens de lire une annonce pour un cdd au cnrs où il indiquait “CDI possible via concours” pourquoi ne pas ouvrir ce poste tout de suite au concours?

      • Kevin dit :

        Je suis d’accord avec toi, les concours sont souvent “joués” d’avance. Mais vous devez le savoir avant de vous présenter.

        La décision d’ouvrir une titularisation d’un poste dans un laboratoire est complexe et passe par divers processus. Un labo ne peut pas savoir a priori qu’une titularisation (CDI) aura lieu lorsqu’elle a un financement pour un CDD. Je pense que c’est aussi une façon de motiver les meilleurs candidats pour se présenter au recrutement du CDD. L’ouverture d’un poste est plutôt un coup de bol à vrai dire… Le mieux c’est de cumuler les CDD en attendant qu’un poste s’ouvre dans ton labo. Mais passer les concours en dehors permet également de rester dans ce processus de concours. Au bout d’un moment ça paiera (même si tu dois y passer 10 ans).

        Pour ma part, je suis contre les postes “à vie”. La flexibilité permet plus de souplesse dans les recrutements, et permet également de rester productif et compétitif. Le système français est un système figé et rigide malheureusement… Je suis pour les CDD, avec des contrats de 5 ans et revalorisation des salaires et des moyens de recherche.

        • linn1 dit :

          Moi non plus je ne suis pas vraiment pour les postes “à vie”, seulement pour obtenir par exemple un prêt immobilier, il faut bien une situation stable,et là le CDI est obligatoire. Le jour où les banques et autres organismes de crédit se montreront aussi flexibles que les travailleurs précaires, là oui je pense qu’il n’y aura plus grand monde à vouloir un CDI à tout prix.

          • Kevin dit :

            Malheureusement je ne le sais que trop bien… Le système bancaire et économique est à revoir également…

            Pour en revenir aux CDD, ceux de la fonction publique sont les pires qui existent malheureusement. Mais bon, je dirais que ceux qui ont un CDD ont plus de chances que ceux qui bossent en intérim, et ceux qui bossent en intérim ont plus de chance que ceux qui cumulent des stages…

            RIEN ne va vraiment bien en France, dans quasiment tous les secteurs. A vrai dire, même en UK rien ne va vraiment bien. Chacun reste campé sur ses privilèges et tentent d’en obtenir plus, alors que le système économique actuel ne le permet pas…

  7. Philmouss dit :

    Lorelei, merci de ton témoignage. Plus on sera nombreux à dénoncer ces pratiques et plus on aura de chance de les voir cesser.

  8. bobo666 dit :

    C’est amusant de taper “concours Cnrs truqués” et de tomber sur des témoignages tel que les votres …
    Et oui et oui je confirme car je viens de passer un concours IE BAP E ( ça me démange de mettre le n° du concours ) à la session 2009 et j’ai pu constater cette mascarade.
    Je précise un, car j’étais admissible à 3 concours mais comme on dit “je n’ai pas que ça à foutre” et je savais déjà plus ou moins que ces concours sont truqués.

    Donc, on envoie le dossier, on est admissible, on passe l’oral (ce qui est stressant tout de même, qui coûte du temps de l’argent et de l’énergie …) et aux résultats (évidemment négatifs en ce qui me concerne), on observe que ceux qui sont admis sont tous en poste au CNRS, tranquilles et que finalement le concours n’était pour eux qu’une formalité administrative …

    Donc ma question : pourquoi continuer à organiser ces concours bidons ?

    • Kevin dit :

      Tu penses que tu étais meilleur(e) que le candidat recruté ? Que tu correspondais plus au profil que le labo recherchait ?

      • linn1 dit :

        Bobo ne se poserait jamais cette question sur ces concours si le poste était réellement vacant, or il est déjà occupé par une personne en CDD. Celle-ci connait mieux le poste que tous ses concurrents et dans la majorité des cas c’est elle qui est recrutée, non parce qu’elle est la meilleure (d’autant plus qu’il y a des grandes chances qu’elle ait été coachée par ses boss pour l’oral) mais parce qu’elle avait les meilleures conditions de préparation et quelle meilleure condition que d’être déjà sur le poste. Ceux qui n’auront pas la chance d’avoir ces conditions seront recalés d’office d’où la rareté des concours où c’est un véritable externe qui le décroche au détriment du contractuel.

        • Kevin dit :

          quote : “non parce qu’elle est la meilleure (d’autant plus qu’il y a des grandes chances qu’elle ait été coachée par ses boss pour l’oral) mais parce qu’elle avait les meilleures conditions de préparation et quelle meilleure condition que d’être déjà sur le poste”

          Comment définir qui est le/la meilleure pour le poste dans ce cas ? Quels critères retenir pour juger qu’une personne est meilleure qu’une autre pour le poste qui s’ouvre ?

          Par contre je ne suis pas d’accord pour dire que le “poste est déjà occupé”. C’est faux. Et je dois aussi dire que les chances pour un candidat externe sont encore plus faibles quand on sait qu’il y a plusieurs CDD au sein du labo (c’est une bataille interne souvent également).

          • linn1 dit :

            Je reconnais qu’il n’existe aucun critère objectif pour savoir qui est le meilleur mais là où on est d’accord c’est que les candidats externes sont bien désavantagés par rapport à ceux qui sont en CDD. Je n’ai rien contre ces gens-là, je peux comprendre les labos qui veulent à tout prix les garder s’ils en sont satisfaits mais dans ce cas-là faut changer le système pour qu’ils puissent être embauchés sans avoir à passer de concours, ce serait un gain de temps pour tout le monde.

          • Kevin dit :

            La seule solution serait d’augmenter le nombre de postes… Mais avec une politique de réduction des fonctionnaires, ce n’est pas envisageable.

            Changer le système ? Je suis pour ! Mais que proposes-tu à la place ?

            Dans le privé c’est pareil. Il existe un manque cruel de postes. Mais dans un système débridé ultra-libéral, un emploi est une variable d’ajustement pour les bénéfices d’une entreprise. D’où les emplois hyper précaires et la multiplication des stagiaires.

          • linn1 dit :

            Justement il faudrait changer cette politique de réduction du nombre de postes. Mais même si cette politique persiste et que je n’ai rien à proposer à la place, ce n’est pas une raison pour organiser des “faux concours” pour faire croire qu’il y a égalité des chances pour tout le monde alors qu’il n’en est rien, qu’ils n’en organisent pas du tout et prolongent le CDD de la personne en question ou fassent en sorte qu’elle soit en CDI. Si les labos sont contents d’une personne en CDD et qu’ils veulent la garder en CDI, que la politique change pour que ce soit possible au bout de 3 ans de services par exemple. D’ailleurs il y a déjà eu des titularisations de contractuels mais là c’est au bout de 6 ans et dans d’autres services alors pourquoi pas dans les labos. Encore une fois, je n’ai rien contre le piston ou la cooptation en soi si la personne se montre compétente par la suite, cependant, c’est simplement cette hypocrisie qui me révolte (il n’y a rien de pire que de vous faire croire que vous serez traité de façon égale que votre voisin alors que ce n’est pas vrai). Quitte à ne pas avoir de système totalement impartial, il faudrait un minimum de transparence et d’honnêteté de la part des gens qui font partie de ce système. Et apparemment certaines se montrent déjà honnêtes en disant aux candidats extérieurs qui les appellent que ce n’est pas la peine de se déplacer puisqu’elles ont déjà choisi leur candidat.

          • Kevin dit :

            Entièrement d’accord avec toi…

  9. Philmouss dit :

    Bienvenue au Club Bobo666.

  10. fr dit :

    Bonjour,
    je viens de faire l’amère expérience de ce que vous disiez.
    J’ai passé le concours la semaine dernière du concours externe ASI gestionnaire de parc informatique à Montpellier.
    Résultat sur 14 candidats, 7 sont du cnrs dont un particulièrement qui était déjà contractuel sur le poste.
    le pire, je crois dans tout ça, ça était mon résultat à l’écrit, j’étais sûr à 100% d’avoir au moins 15, je maitrisais parfaitement le sujet (QCM+questions infos), quand j’ai reçu mes résultats, 7 à l’écrit!!!!! autant vous dire que c’est mathématiquement impossible que j’ai pu avoir cette note (d’où la magouille qui va même jusque dans les corrections des écrits si correction y’à eu …). Ce que je trouve aussi bizarre c’est que les réultats ont été donné 1 heure après les oraux!!! et pour arrêter le suspens devinez qui e eu le concours … le contractuel sur le poste pardi !!! je me ferai pas avoir une seconde fois !!!!

    • Kevin dit :

      Demande à voir la correction des écrits (c’est un droit que tu possèdes).

      Mêmes questions qu’au-dessus :
      Tu penses que tu étais meilleur(e) que le candidat recruté ? Que tu correspondais plus au profil du poste que le labo recherchait par rapport au candidant recruté ?

  11. Loutre dit :

    J’avais un espoir mais finalement tout est vrai.
    Le concours ITA 2009 n°248 proposait à la base deux postes à la DSI, un de développeur et un d’exploitation.
    Le jour de l’épreuve technique seules six personnes (sur les douze admissibles) sont présentes, dont deux personnes déjà en poste en CDD dans des fonctions de support à la DSI (merci l’organigramme disponible sur leur site).
    Le sujet de l’épreuve comporte une partie commune, puis une partie à choisir selon le poste désiré… sauf qu’il n’y a plus de partie “développement” mais une partie “support” à la place (bizarre…).
    Vu le nombre réduit de candidats j’ai pu repérer qui étaient les deux “internes” et à la sortie de l’épreuve (que je pense avoir réussie bien que pas terminée à 100%) il s’avère que l’un l’a passablement ratée car difficile, et l’autre n’a pas terminé (les deux ayant choisi de traiter la partie support).
    Avance rapide jusqu’au lendemain, résultats publiés quelques heures après le dernier entretien avec le jury: les deux “internes” sont admis sur liste principale, pas de liste complémentaire.
    Merci le CNRS.

    • Kevin dit :

      S’il n’y a pas eu de liste complémentaire, c’est qu’aucun des autres candidats n’avaient le profil recherché et/ou sortait du lot. Ca ne coûte rien au jury d’éditer une liste complémentaire lorsqu’ils voient un ou des candidat(s) avec des aptitudes intéressantes…

  12. guepps dit :

    j’ai postulé à 3 concours cet été à nantes et meudon, et 3 dossiers identiques à la virgule près et j’ai reçu 3 notes différentes (8/20, 10/20 et +12)

    Je suis donc allée passer l’écrit du seul concours où j’étais admissible et 2 jours après je recevais ma convocation pour l’oral.
    Je passe l’oral le 3/11 et on m’annonce que les résultats seront affichés dès le 10 (soit le lendemain des derniers entretiens).
    Et devinez quoi ? et bien sur 3 postes, 2 des reçus sont déjà au CNRS, la troisième est également fonctionnaire et même sur la liste d’attente on retrouve des gens travaillant pour des universités en lien avec le CNRS.

    Je prends ma plume dès ce soir pour écrire à la personne présente lors de l’entretien et chargée de vérifier l’équité des auditions, je verrais bien ce qu’il trouvera à me répondre, s’il répond…

  13. Philmouss dit :

    Vous pouvez toujours lui suggérer de taper “concours cnrs truqués” sur google, il tombera sur ce fil de discussion ce qui pourrait l’inciter avec ses collègues à réfléchir à ces pratiques.

  14. Kevin dit :

    A vous lire, je vous trouve tous relativement prétentieux… On a l’impression que vous êtes tous meilleurs que ceux qui sont recrutés, sans pour autant connaitre une seule ligne du CV des autres candidats.

    Les concours de recrutement du CNRS (au même titre que l’INRA, l’Inserm, la fac, et autres EPST) ne sont pas impartiaux évidemment, mais loin d’être les pires qui existent…

    Je pense que le jour où vous serez recrutés après avoir fait un CDD de 3 ans au sein du labo, vous ne crierez pas au favoritisme mais plutôt à une reconnaissance de votre travail et à une certaine “logique” du processus (difficile d’imaginer que quelqu’un d’extérieur soit plus compétent que vous-même sur votre poste !).

    Continuez à cumuler les CDD et passez les concours également (vous cumulerez une expérience incroyable et valorisable), et la chance se présentera. Dans la vie, tout est question de chance dans une certaine mesure (in the right place at the right time). Provoquez cette chance.

    • linn1 dit :

      Tu reconnais toi-même que ces concours ne sont pas impartiaux et dans ce cas, ce ne sont pas des concours mais des mascarades. A partir du moment où les dés sont pipés en faveur d’une catégorie de personnes on ne peut plus parler de concours. Justement le local trouve-t-il normal de devoir passer un concours pour garder son poste alors qu’il a fait ses preuves ? Je ne crois pas, non. C’est comme si dans le privé, on te refaisait passer des tests de recrutement et un entretien d’embauche en concurrence avec d’autres candidats pour transformer ton CDD en CDI ce qui serait absurde.
      C’est bien la France ça, surtout dans le public, tu veux un poste ? Passe les concours !! Tu veux évoluer ? Passe les concours !!

      • Kevin dit :

        Tu as déjà connu des concours “impartiaux” ? Ca n’existe pas, sauf au pays des bisounours.

        Même les recrutements dans les boîtes privées ne sont pas impartiaux. Ils dépendent de nombreux facteurs. Des candidats moins expérimentés/talentueux que toi peuvent être recrutés à ta place dans une boîte. C’est simplement plus difficile à prouver. Les phénomènes de cooptation sont également à dénoncer dans ce cas… Et ils sont partout !

        • linn1 dit :

          Ce qui se passe dans les recrutements dans les boîtes privées est tout de même moins étonnant et surtout moins hypocrite que dans le public, qui, lui est supposé prôner l’égalité de traitement entre TOUS les candidats, ce qui est une vaste blague (sauf peut-être dans les concours de la fonction publique d’Etat).

          • Kevin dit :

            Dans le privé, c’est encore plus inégalitaire… Quand ce n’est pas du pistonnage (liens de parenté), c’est du réseautage (liens professionnels/amicaux).

            Un employeur préfère prendre une personne qu’il connait déjà, avec qui il a tissé des liens.
            Imagine-toi dans la peau d’un employeur (un patron d’une start-up de biotech par exemple). Une personne de ton entourage (on va dire un de tes enfants) n’arrive pas à trouver un boulot (malgré son M2/diplôme d’ingé biotech en poche). Tu cherches à recruter quelqu’un pour ta boîte. Tu laisses ton fils galérer ou bien tu lui offres une opportunité ?

            Tout est affaire de connaissances/relations malheureusement… Ca fonctionne comme ça aujourd’hui étant donné qu’il y doit y avoir 5 personnes pour 1 poste (tout domaine confondu, public et privé).

            J’ajoute même que pour obtenir un CDD (post-doc, AI/IE/tech) c’est pareil… Peut-être un peu moins pour les post-doc vu le nombre d’offres.

          • linn1 dit :

            Comme je ne peux répondre après ton dernier message Kevin, je le fais avant. Je disais juste que pour le public, ce genre de pratiques est encore moins excusable que dans le privé, je n’ai jamais dit que le piston ou la cooptation n’existait pas dans le privé, ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit mais que là au moins les DRH ne s’en cachent pas, ne le nient pas contrairement au public où on vous fait croire que tout est réglo alors que c’est faux.

  15. Besson dit :

    Ce que vous denoncez tous ici est le resultat des emplois precaires au CNRS et pas du tout d’un trucage. Ceux que vous considerez comme “internes au CNRS” sont des stagiaires-souvent de trop longue duree qui aurait du etre embauches depuis longtemps.
    La situation existe aussi dans le prive avec l emploi des stagiaires. Combien font un stage dans une entreprise avec l arriere-pensee d’y decrocher un CDI?? sauf que dans le prive pas besoin d’attendre 3 voire 6 ans avant le CDI- quoique crise oblige, les stages ont longue vie devant eux

  16. Olivia dit :

    Voici un double témoignage qui vous intéressera je pense :
    Je travaillais dans le privé à un poste qui me déplaisait quand j’ai entendu parler des concours externes CNRS, dont on m’a prévenue qu’ils étaient souvent “fléchés”, mais pas toujours.
    Il y avait une personne en poste, appréciée d’une équipe (constituée en grande partie de précaires d’ailleurs), et le service souhaitait pérenniser ce poste. Le concours est ouvert, je suis admissible, je passe l’oral, et je suis prise, tout simplement parce que mon expérience, ma motivation et mes compétences étaient plus intéressantes que celles de la personne déjà en poste. Je suis à présent au CNRS et j’ai plusieurs exemples de ce type dans mes collègues!!

    Autre exemple édifiant : tout poste à pourvoir devrait théoriquement être proposé d’abord en interne pour favoriser la mobilité des personnels (comme dans le privé). Or je suis en contact avec un labo qui a obtenu des crédits pour un poste sur lequel ils souhaitaient m’embaucher : on a fait une demande pour une mobilité en interne. Eh bien, la direction du CNRS, complètement absurde, a ouvert un… concours externe!!!! je vais donc être obligée de le passer (et peut-être de me voir “souffler” le poste) et peut-être de refaire une année de stage, au lieu d’avoir juste obtenu une mutation du CNRS vers le CNRS.

    Vous parlez de “trucages” mais ce sont souvent des aberrations du système!!

    • Kevin dit :

      Témoignage intéressant ! Mais surement marginal… Le système des recrutements est surement à revoir oui. Le système tout court d’ailleurs…

      • mindar dit :

        réponse surtout adressé à linn:

        pour avoir été jury de concours il n’est aucunement nécessaire de tricher sur l’écrit puisque l’appréciation orale est totalement arbitraire et rien n’est à justifier à l’inverse d’une correction écrite “vérifiable”,pourquoi invalider un concours pour si peu ?

        On ne peut pas vraiment parler de concours truqué mais plutôt de concours fléché :

        il y a deux types de poste :

        -la création pur et simple ou tout le monde à ses chances
        -la “régularisation” de poste ou une personne travaille en cdd le besoin est réel et le poste “cdi “doit être créé pour être ne adéquation avec la législation du travail

        là ou c’est illogique c’est que les deux types de situation ne sont pas mises en avant permettant aux “vrais externe” de postuler sur des concours fléchés

        pour ce dernier il est clair que la personne en place part avec un avantage ,mais dites vous bien que rien n’est jamais acquis ,au concours pour lequel j’étais jury la personne “local” n’a pas été titularisée et c’est un “vrai candidat” qui a eu le poste

        • jean-yves dit :

          Il n’empêche que le CNRS est une entité SCIENTIFIQUE pour laquelle nous (au sens de la collectivité) pouvons prétendre que les gens qui la composent soient d’une certaine rigueur morale et intellectuelle. Toutes ces “magouilles au recrutement avec pseudo-concours ouvert”, qu’elles soient ou non justifiées par le mode de fonctionnement du CNRS, me semblent très éloignées de ce sens de la rigueur et devraient être fortement dénoncées par TOUS les chercheurs et autres membres du CNRS car contraires à l’attitude qu’ils se devraient d’avoir dans leur travail au jour le jour. Qu’en est-il dans la réalité ? Et quel pourcentage de “candidats externes alibis” est-il effectivement admis ? J’en parle tout simplement car ayant quitté un jour, il y a longtemps déjà, le CNRS à cause de “guerres de chapelle” sans lien réel avec le débat scientifique.

  17. Voltolina dit :

    Moi, je suis ingénieur d’études au CNRS en CDD depuis un an. C’est tout à fait normal ce pratique, moi j’attende qu’ils ouvrent un poste de fonctionnaire titulaire. A ton avis une personne qui a fait 3 ans de CDD elle dois faire quoi après?? C’est normal que le labo fait en sorte qu’elle soit titularisé!!

    • linn1 dit :

      Réponse à voltolina : comme je l’ai dit plus haut, que tu veuilles être titularisé après des années de service c’est normal, par contre que tu doives passer un concours, donc être mis en concurrence avec des gens de l’extérieur pour avoir le droit de garder ton poste, même si tout est fait pour que ce soit toi qui l’aies, tu trouves ça aussi normal ? Moi non. Dans le privé on ne fait pas ce genre d’abérration. Je ne rentre pas dans les détails car j’en ai déjà parlé plus haut.

  18. Thomas dit :

    J’ai découvert il y a quelques temps que les concours ITRF pouvaient être truqués, et maintenant ceux du CNRS … je dois être d’une naiveté. Il faut dire qu’à l’écrit les organisateurs insistent tellement sur le fait de ne pas mettre de signe distinctif … on y croirait presque.

    Et quand je vois qu’il y a des gens ici qui trouvent ce système mafieux tout à fait normal :(

    Est-ce qu’un CDD n’est pas par définition un Contrat à Durée Déterminée ? Je ne vois pas en quoi ça ouvrirait le droit à un emploi à vie, qui plus est en escroquant les autres candidats.

    Si le poste est un poste durable, il faut tout simplement l’ouvrir au concours et c’est tout

  19. Thomas dit :

    Voila ce que je craignais est confirmé :

    les deux postes du concours ASI de l’université Clermont Ferrand I ont été attribués au deux contractuels qui occupaient ces postes.
    D’ailleurs j’aurais du m’en douter : tout le monde est normalement convoqué à la même heure, et arrivé une demi-heure avant, j’ai vu qu’il y avait déjà un candidat dans la salle du jury, après la porte s’est ouverte et il est passé sans même nous regarder nous les pigeons de cette saloperie de concours de la mafia

    Entre l’écrit et l’oral 200 euros dépensés pour rien et en plus je suis au chômage.

    Est ce que le conseil d’état ne pourrait pas faire quelque chose contre ces fraudes ?

    • Lalie dit :

      Merci à tous pour ces témoignages, j’ai failli être berné; 500 postes disponibles pour cette année , dernier délai de candidature 9 juillet 2010?Mon œil ouiii!!!Sans être défaitiste, le système de concours du CNRS est plus corrompu qu’au bled des autres!
      bon courage a tous les dindons

One Rétrolien

  1. [...] reprends le fil d’un article écrit sur sainnazaire.net l’année dernière qui concerne « l’affaire » des concours [...]

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