Après un marathon de plus de 1000 heures de travail, Sandrine Morilleau, pont-châtelaine, vient de décrocher le titre de mosaïste d’art, meilleur ouvrier de France.
Son œuvre est une figure imposée par la société des meilleurs ouvriers de France : une reproduction d’un tableau de Giovanni Boldini représentant Henri Rochefort vers 1882 (visible à Paris au musée d’Orsay – RF 1977-57).

Et voici la reproduction du tableau en mosaïque interprétée par Sandrine Morilleau. Plus romantique encore que l’œuvre originale !

1000 heures de travail et des milliers de tesselles de nacre, de marbre et de smaltes de Venise assemblés avec minutie.
1000 heures de travail et quel parcours !
Car Sandrine n’est pas tombée dans la mosaïque quand elle était petite. Elle se lance dans l’aventure il y a cinq ans à peine. Elle quitte alors un job confortable au CNRS pour se mettre à son compte, se former à la mosaïque et créer son atelier : Mosaïcat. A ceux qui raillent son choix, elle oppose que la mosaïque d’art n’a rien à voir avec un loisir créatif et qu’elle ne se destine pas à juxtaposer des petits carrés de pâte de verre sur des miroirs ou des assiettes. Mais cette scientifique sait qu’elle a encore tout à démontrer et elle se met au travail.
Quelques créations plus tard… la voici prête pour le concours de meilleur ouvrier de France. Nous sommes au début de l’automne 2009 et elle se lance dans le défi. Une nouvelle fois, il sont peu nombreux autour d’elle à y croire ! Pourtant au fil des mois, Sandrine sent le vent de la solidarité tourner en sa faveur. La boulangère, l’osthéopathe ou le ferronnier d’art, tous l’encouragent à leur manière. Ses amis mosaïstes lui offre plus deux kilos de smaltes de Venise – “un vrai coup de pouce, dit Sandrine émue, car quand on connait le prix de ces matériaux, ce n’est pas rien”, – un autre prépare l’encadrement de son tableau, un troisième confectionne la boîte de transport… Plus l’échéance approche, plus Sandrine s’accroche à son portrait. Plus ses week-end, ses nuits et ses temps de pause sont courts aussi ! Elle finit sa course au sprint ne lâchant pas ses outils pendant près de 72 heures.
Aujourd’hui et cinq ans après ses débuts, la voici qui jubile car son pari est gagné et son savoir-faire reconnu par ses pairs et non des moindres : les meilleurs ouvriers de France sous l’égide du ministère de l’Éducation Nationale. La voici donc avec ce qu’elle considère comme son vrai diplôme, celui de MOF, qui signe sa maîtrise dans l’art et la technique de la découpe, de la taille, du meulage et de l’assemblage de tesselles en smaltes vénitiens, marbre, nacre ou ardoise dont elle s’est fait une spécialité.
Mais Sandrine est bien plus qu’une technicienne. C’est d’abord une passionnée. Passionnée par les matières qu’elle sélectionne avec soin. Passionnée par les couleurs. Les Smaltes de Venise la font vibrer, les ardoises d’Espagne ou du Brésil l’inspirent, le marbre donne de la profondeur à ses tableaux. Comme amoureuse des matières qu’elle va travailler, elle est en quête constante d’un éclat ou d’une marbrure. Amoureuse et sensuelle, chaque tesselle, si petite soit-elle, est l’objet de toute son attention. Chacune est façonnée et sculptée au millimètre pour aller se lover auprès de sa voisine. Voyez les yeux de son personnage : quelques centimètres carré… deux semaines d’assemblage. Un travail d’orfèvre !
L’art de Sandrine mosaïste pourrait se résumer ainsi : elle rend la matière vivante !
Car la technique et le choix des matières ne seraient rien si Sandrine n’avait pas cette créativité, cette sensibilité et cet humour qui signe toutes ses créations personnelles. Elle a su faire de la mosaïque un univers bien à elle.
Loin des figures imposées pour le concours de meilleur ouvrier de France, les mosaïques de Sandrine Morilleau explorent le monde animalier avec brio. Les chats, les poules, les escargots, les manchots empereurs ou les goélands, sa ménagerie mérite le détour. Difficile de ne pas craquer pour ses poulettes rockeuses ou ses chats plus malicieux que des vrais !
Mais Sandrine la mosaïste n’a pas encore dit son dernier mot et s’est déjà lancée son prochain défi : montrer ses œuvres à Paris, Milan ou Genève et faire de la mosaïque un art majeur en 3D.
Sandrine Morillleau expose du 19 au 30 juillet à Muzillac salle Adélaïde. Ouverture tous les jours sauf le dimanche de 10h à 12h30 et de 16h à 19h. Entrée gratuite.
Ou retrouvez la également dès maintenant à la Galerie Émotions Plurielles à Missillac.
Laissez-vous tenter par la mosaïque d’art. Sandrine Morilleau travaille sur commande pour des sculptures, des crédences de cuisine ou des salles de bain personnalisées. Atelier Mosaïcat.

Retrouvez-moi sur France Inter le lundi 27 juin dans l’émission de Brigitte Patient “Un jour tout neuf”. A 5 heures pour les lève-tôt. En podcast pour les autres.
Félicitation pour votre parcours et vos réussites … Pour l’émission ce sera le podcast lol !
Ping : Mosaï’ Cat raconté par saintnazaire.net « Mosaï'Cat
Des mosaïques à découvrir car c’est un vrai régal pour les yeux !
Une artiste qui partage sa passion aussi joliment que ses oeuvres.
C’est Mosaï Cat, merci à toi Sandrine
Bravo encore Sandrine, que de chemin parcouru et quelle réussite, merci pour toutes ces belles choses et à très bientôt j’espère
Francine
Félicitations pour cette superbe réussite-clé qui va t’ouvrir de nombreuses portes .
quel talent ! c’est vraiment magnifique !
Bravo pour cet œuvre d’art magnifique. Merci à votre mère qui m’a fait présenté un autre art (les mosaïques) en m’emmenant à l’expo à La Baule.