Le titre est ambigu, il le reste jusqu’aux dernières images de ce film de Robert Guédiguian. Quand je dis ambigu ce n’est pas pour moi car je suis de la génération qui a connu la guerre, mais je le dis pour nos jeunes compatriotes peut être pas aussi sensibles à ces évènements vieux de plus d’un demi siècle.
Je trouve ce film magnifique, profond, émouvant par toute l’humanité qu’il nous livre et l’humanisme qu’il nous montre, par les questions très actuelles qu’il pose sans démonstration pédagogique, par l’excellence des acteurs et la qualité de la reconstitution historique.
Robert Guédiguian nous fait pénétrer la réalité des évènements de cette époque non pas par une leçon d’histoire mais plutôt en nous laissant nous identifier aux différents personnages ; nous sommes eux, nous sommes en eux et nous vivons leurs douleurs et leurs engagements. En tous cas c’est ce que j’ai ressenti et qui m’a bouleversé. Voilà de jeunes, très jeunes étrangers, italiens, espagnols, arméniens qui se sacrifient pour l’idée qu’ils ont de la France, le pays des droits de l’homme. Pourtant dans ces années là, encore plus qu’aujourd’hui malheureusement ils étaient méprisés, dénoncés par une grande partie de nos compatriotes. C’est vrai qu’ils avaient un idéal, ce mot n’est plus beaucoup employé aujourd’hui, ils étaient pour la plupart communistes. Ils connaissaient les risques qu’ils prenaient, et malgré cela ils allaient jusqu’au bout de leurs engagements…
Ce film pose aussi la question de l’utilisation de la violence contre des violents, contre une idéologie dont on sait ce qu’elle a donné. Leur violence s’exerçait uniquement contre les militaires ou leurs fidèles collaborateurs français. Bien sûr les otages, souvent communistes, payaient pour leurs actions.
“Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant.”
Ce court extrait du poème de Louis Aragon “strophe pour se souvenir” (plus connu sous le nom de l’affiche rouge) me semble résumer parfaitement l’essentiel du film, mais allez le voir et après donnez moi votre avis.



Un Commentaire
Je n’ai pas vu personnellement ce film, mais lu des appréciations diverses :
http://grain-de-sel.cultureforum.net/ecrans-cinema-et-television-f13/robert-guediguian-t1140.htm
Le sujet est aussitraité par “l’Affiche rouge” de Cassenti, un DVD aux Éditions Doriane Films.